Pauline Chen – Dans le pavillon rouge

Posté par Killing79 le 19 mai 2015

Tradition déréglée

image

Résumé: « Rêve du pavillon rouge » de Cao Xueqin est un grand roman chinois du 18ème siècle. Pauline Chen se réapproprie cette histoire: Sous la dynastie Qing, la jeune Daiyu va rejoindre la famille de sa mère après la mort de celle-ci. Elle va alors découvrir la culture aristocratique chinoise et ses règles rigoureuses.

Mon avis: Pauline Chen m’a transporté dans un pays et une époque que je connaissais très peu. Le voyage a été d’autant plus dépaysant. Je suis entré derrière les portes de ce grand palais de Pékin au cœur de cette illustre famille. Ce qui m’a d’abord intéressé, c’est cette culture asiatique du 18ème siècle, très stricte et ordonnée. Chaque personne a un statut propre selon sa naissance ou son mariage et chacun doit rester dans son rôle quoi qu’il arrive. Les destins semblent déjà tout tracés et toute improvisation n’a pas sa place dans ce système bien huilé.

Mais au cœur de ces traditions, ce sont des hommes et surtout des femmes qui interagissent. Et là, le roman devient véritablement passionnant. Dans les appartements de femmes, les ambitions et les désirs des protagonistes vont déchaîner les passions. De la femme de ménage omniprésente à la grand-mère impératrice en passant par la bru dévouée ou la petite fille débrouillarde, Pauline Chen nous dépeint le portrait de ces dames du siècle. De manigances en trahisons, elles vont déterrer des secrets les plus enfouis et dérégler cette aristocratie jusque-là immaculée.

Les différentes intrigues pleines de manipulations, m’ont enthousiasmé du début à la fin. Les personnages ne sont pas vraiment approfondis mais le fait de les suivre alternativement permet de connaître les tenants et les aboutissants de chaque épisode. Les événements historiques qui vont intervenir au cours du récit, vont eux aussi permettre de découvrir le véritable visage de ces femmes devant leur destinée.

Pauline Chen a une belle écriture qu’elle met au service de cette réinterprétation d’un classique chinois. Je me suis délecté de cette fresque familiale dans laquelle les sentiments prennent le dessus sur les convenances et les femmes le dessus sur la fatalité.

Points 571 pages

17/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

Fiona McFarlane – L’invité du soir

Posté par Killing79 le 10 mai 2015

Dérive attachante

Ma lecture en cours...

Résumé: Ruth est une veuve australienne de 75 ans. Depuis peu, elle entend la nuit un tigre qui arpente dans son salon. Jusqu’au jour où Frida, une femme de ménage, lui est envoyée par les services sociaux.

Mon avis: Le thème de départ du livre n’est pas vraiment accrocheur. Les « aventures » d’une personne âgée, cloîtrée dans sa maison après la mort de son mari. Les premières pages confirment mes appréhensions. Mais au fil de l’histoire, l’atmosphère devient de plus en plus angoissante. Plus j’avance, plus j’entre dans la tête de Ruth. Et autant dire que dans la tête de cette brave dame, au départ c’était déjà bien dérangé mais avec l’arrivée de la femme de ménage, rien ne de va plus. Dès lors, chaque petit événement nous balance entre réalité, paranoïa et délire. On ne sait plus très bien comment interpréter tout ce qui lui arrive. Est-ce que c’est réel, est-ce qu’elle divague ou est-ce qu’on la manipule ? Et c’est là toute la force de ce roman.

Sans être romanesque, il nous plonge en introspection. On n’est jamais réellement dans un état stationnaire et constamment déstabilisé. J’ai été témoin de scènes rocambolesques et improbables, j’ai essayé de comprendre, de trouver des explications mais finalement je me suis laisser entraîner sans opposition dans cet univers sombre et dérangeant.

Sous ses airs de roman gentillet sur la vieillesse et ses dérives, Fiona Mc Farlane nous propose un véritable voyage dans les tréfonds d’un esprit fragile. Grâce à des ficelles efficaces, elle m’a enfumé le cerveau, et je me suis régalé dans cette folie.

Points 305 pages

16/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

Titiou Lecoq – Chroniques de la débrouille

Posté par Killing79 le 4 mai 2015

Chroniques légères

Chroniques de la débrouille

Résumé: Comment survivre à une rupture amoureuse, à un déménagement, à des rencontres, à des voisins, à des accidents, à des soirées, à un chef, à des collègues…à un enfant!

Mon avis: En réunissant ses propres expériences et celles des contributeurs de son blog, Titiou Lecoq nous offre les tranches de vie d’une génération. Elle veut nous donner ses impressions et les tendances du monde d’aujourd’hui. Pour ce faire, elle campe une trentenaire confrontée à tous les aléas du quotidien et qui collectionne les galères sentimentales, professionnelles et domestiques.

J’ai quasiment le même âge qu’elle, donc je suis par définition la cible idéale. Je me suis reconnu dans ses questionnements et dans ses préoccupations, moins dans ses aventures. Ma vie n’a aucune similitude avec la sienne. Mais ça n’a pas d’importance car ce livre possède un gros atout : Il m’a fait beaucoup rire. Il n’est qu’une succession de situations rocambolesques et de réflexions drolatiques. Dans chaque scène se cache un effet comique. Sans véritable fil conducteur, il perd un peu de crédibilité au fil des pages tant on ne peut croire que toutes ses situations arrivent à une seule personne, mais c’est tout de même très agréable à lire parce qu’on se marre.

Titiou Lecoq écrit simplement. Elle jouit d’une liberté dans son style et dans son ton qui rend la lecture facile d’accès. Malheureusement, en essayant de paraître naturelle dans ses propos, elle dépasse parfois certaines limites et tombe dans la vulgarité. Certains mots ou expressions m’ont même choqué, surtout venant de la plume d’une femme. Je ne suis du genre à être outré facilement, mais ça n’apporte rien à l’histoire, c’est juste obscène et pour le coup pas drôle du tout.
Outre ces petits écarts de langage (je parle comme un ancien !), j’ai pris beaucoup de plaisir dans ce recueil de chroniques, avec quelques fous rires à la clé.
C’est léger, sans prétentions et ça a assez bien fonctionné sur moi.

Le livre de poche 278 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

Philippe Delerm – Elle marchait sur un fil

Posté par Killing79 le 30 avril 2015

Dans l’intime

Elle marchait sur un fil

Résumé: Par le jeu de la vie, Marie a cinquante ans et se retrouve seule. Elle trouve un échappatoire le jour où elle rencontre un groupe de comédiens avec qui elle va monter le spectacle de ses rêves.

Mon avis: Je n’avais jamais eu l’occasion de lire un livre de Philippe Delerm. Je ne connaissais donc pas son style. J’avais simplement entendu parler de ses nouvelles qui racontaient de courts instants de la vie quotidienne, et qu’il magnifiait avec talent, selon les critiques. A la fermeture de ce roman, je comprends ce que les gens aiment chez cet auteur. Il est juste. Il arrive à incarner une situation de manière à nous la faire vivre presque physiquement. Il décrit un moment, une pensée, une sensation en plusieurs pages là où d’autres n’auraient utilisé qu’une ligne. Il crée ainsi une empathie particulièrement forte.

Seulement, les qualités qui font de lui un artiste de la nouvelle, deviennent moins convaincantes lorsqu’il s’attaque au format roman. Plusieurs scènes, même de qualité, mises bout à bout, ne font pas forcément un grand roman. J’ai bien ressenti les émotions du personnage, je suis rentré dans son intimité mais son histoire ne m’a pas passionnée. Je n’ai pas adhérer au scénario, empli de clichés et de raccourcis, et dépourvu de romanesque. Racontant les petites contrariétés de comédiens, je l’ai trouvé un peu trop excluant et malgré sa petite taille, je me suis ennuyé vers la fin.

Je garderai le souvenir d’un grand décrypteur de l’instant et je retenterai ma chance avec Philippe Delerm dans ses petites histoires, qui semblent lui correspondre un peu mieux.

Points 201 pages

13/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

Hugo Horiot – L’empereur c’est moi

Posté par Killing79 le 26 avril 2015

Se souvenir pour oublier

L'empereur c'est moi

Résumé: Creusant dans sa mémoire, Hugo Horiot nous raconte son autobiographie d’enfant atteint du syndrome d’Asperger.

Mon avis: Sur un ton faussement enfantin et avec une écriture ciselée faite de phrases courtes, il nous fait entrer dans sa tête. On revit avec lui ses années de jeunesse, de la maternelle jusqu’au lycée. On entre dans son monde empli de silence, de réflexion et d’exclusion. On vit ses sensations et ses sentiments à travers des scènes brèves, choisies chronologiquement. Il peut alors nous montrer l’évolution de son comportement au fil du temps.

Il nous parle de son handicap sans jamais le nommer. On ne sait donc pas si ses réactions d’introversion découlent exclusivement de son autisme ou si son caractère propre joue aussi un rôle. Il nous laisse juste spectateur des caprices de son cerveau.

Ce que j’ai apprécié dans ce court roman, c’est que l’auteur ne semble pas vouloir se lamenter. Il nous présente les faits comme il les a ressentis. Grâce à ce texte parfois tendre parfois brutal mais toujours humain, il semble plutôt se délester d’un poids. Il veut passer définitivement du Julien emprisonné à Hugo le libéré et ainsi enterrer ce passé si pesant.

La petite taille du livre et l’écriture incisive de Hugo Horiot font de « L’empereur c’est moi » un condensé d’émotions. J’ai aussi beaucoup aimé la postface poignante de sa mère. Elle apporte une vision différente et clôture avec tendresse ces durs moments de vie.

Le livre de poche 168 pages

16/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

Romain Puertolas – L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

Posté par Killing79 le 24 avril 2015

Insipide

L'extraordinaire voyage du fakir

Ce petit livre nous narre les tribulations d’un fakir aux quatre coins du monde.

Mon avis:

Loufoque vous avez dit loufoque ? Voilà en un seul mot le résumé de ce court roman. L’idée de départ, les personnages, le fil de l’histoire, tout est conditionné dans le sens de l’absurde. Mais ce qui fait son originalité au début, devient très vite lassant et ne tient pas sur la longueur, pourtant réduite du livre.
Avec une écriture très simple, des acteurs peu sympathiques, Romain Pertuolas nous entraîne dans son délire qui n’a ni queue ni tête, et auquel je n’ai pas du tout adhéré. Je suis resté en dehors du coup dès les premières pages.

L’auteur ne semble avoir utilisé aucun plan pour construire le scénario de son aventure. Il donne l’impression d’inventer les nouveaux événements au fil de ses lignes. Et pour que son récit ait une quelconque logique, il utilise à outrance des raccourcis faciles et des péripéties invraisemblables, qui font de son « Fakir » un capharnaüm d’idées saugrenues qui m’a profondément ennuyé.

Pour moi, le véritable point noir de ce livre est qu’il n’a aucun intérêt, à part peut-être de faire sourire (à de très rares instants). A la fermeture de ce livre, je reste sur l’impression d’un travail bâclé. Malgré les promesses de certaines critiques, j’ai passé un moment insipide. Il est des livres qui magnifient le temps, d’autres qui font passer le temps, celui-ci m’a plutôt fait perdre mon temps…

Le livre de poche 307 pages

7/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

(Devinez si j’ai voté pour lui…)

Publié dans Romans et Récits | Pas de Commentaire »

12345...33
 

11goc |
L'alchimie molle de l'écriture |
Les désastreuses aventures ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | liremapassion
| Le phaéton véloce
| S/S BOULAOUANE