Diane Brasseur – Les fidélités

Posté par Killing79 le 12 avril 2015

Déjà vu

Les fidélités

Il a cinquante quatre ans et depuis un an, il est infidèle et vit une double vie.

Mon avis:

Je ne vais pas disserter sur ce livre de peur que mon avis soit plus long que le roman lui-même. L’écriture est simple, parfois trop, l’histoire est banale, les personnages ne sont pas du tout approfondis et je n’ai trouvé aucune originalité sur le fond comme sur la forme. Ce n’est pour moi qu’un énième texte sur ce sujet éculé.

Le seul bon point, non négligeable, que je peux mettre au crédit de ce petit ouvrage, c’est qu’il se lit bien et qu’il se lit vite. On rentre rapidement dans l’histoire et ensuite on le lit d’une traite. Ce n’est pas du tout une lecture contraignante.

J’ai donc passé un court bon moment, sans aucun regret, mais dispensable. Je ne vais pas affirmer que je risque de l’oublier, parce que c’est déjà fait…

Points 161 pages

12/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

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Elizabeth Gilbert – L’empreinte de toute chose

Posté par Killing79 le 9 avril 2015

Divertissant et enrichissant

Ma lecture en cours

Alma Whittaker est née au XIXème siècle, d’un père anglais, ambitieux et fortuné et d’une mère hollandaise érudite et exigeante. De ses origines, elle va hériter d’un caractère particulier qui va l’entraîner dans une destinée tout sauf ordinaire.

Mon avis:

Alma est une privilégiée et a une vie très enviable. Elle a plus que la plupart des gens n’auront jamais et pourtant elle n’est jamais véritablement heureuse. Malgré son patrimoine intellectuel et financier, elle jalouse les autres. Elle possède les connaissances et même les moyens pour réaliser ses projets mais elle rêve d’autre chose. Cette histoire tend à montrer que quoi que notre destin nous offre, ce ne sera jamais suffisant et on en voudra toujours plus. Face à cette réalité, j’ai beaucoup apprécié le personnage d’Alma, sorte de anti-héroïne, très cultivée mais au physique ingrat. J’ai ressenti de l’empathie pour cette fille, sans véritable charme et pourtant si attachante.

L’auteur nous livre une histoire romanesque dépourvue de niaiseries. Elle nous présente des protagonistes sans fard, plutôt réalistes, qui savent se rendre naturellement captivants. Il n’y a pas de princesse, pas de prince charmant, rien n’est enjolivé et la vie est présentée comme elle est, parfois dure et injuste. Mais on découvre aussi que les richesses de la vie peuvent prendre différentes formes, et qu’il faut savoir en profiter. Toute la force de ce livre est de rendre exaltant le quotidien de cette femme pourtant si fade et ordinaire, grâce à une destinée aussi extraordinaire qu’instructive.

Spontanément, les réflexions et les interrogations d’une jeune fille sur la sexualité et sur la botanique au début du 20ème siècle avaient peu de chances de me plaire. Mais c’était sans compter sur Elizabeth Gilbert qui, en vraie conteuse, a su me captiver pour cette aventure aux antipodes de mes intérêts, mais que je n’ai pas lâché même dans les passages un peu longuets. Roman divertissant et enrichissant.

Le livre de poche 803 pages

16/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

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Alice Zeniter – Sombre dimanche

Posté par Killing79 le 29 mars 2015

Illusions perdues

Sombre dimanche

En Hongrie, la famille Mandy vit depuis des dizaines d’années dans une petite maison au bord des rails du chemin de fer. Leur quotidien est marqué du sceau de Staline et leur destin de l’influence russe.

Mon avis:

Les Mandy sont au cœur de ce roman. Mais c’est aussi une certaine histoire de la Hongrie qui est racontée à travers les membres de cette famille. En décrivant le destin de quatre générations dans une seule et même maison, Alice Zeniter veut nous faire prendre conscience de l’impact que la guerre et le communisme ont eu sur une partie pauvre de la population de ce pays.

On suit la vie de ces gens qui se sont confortés dans leur quotidien minimaliste, enfermés dans leur misère et dans leurs secrets. Le grand père est toujours aigri et révolté, le père passif et résigné, la sœur détruite et apathique. Tout ce petit monde n’est que le reflet du désastre du pays. Même Imre le fils, qui semble beaucoup plus positif et plein d’espoir, ne parvient pas, malgré ses efforts, à renverser ce destin de désillusion qui lui est promis. Comme si le bonheur semblait ne pas vouloir passer la porte de cette maison, comme un symbole, un héritage familial.

L’auteur nous dévoile cette petite histoire dans la grande, avec une justesse parfois poétique. Elle égaye le récit avec des petites touches d’humour pour ne pas tomber dans le pathétique. Malgré un côté déprimant, j’ai apprécié me plonger dans cette destinée parce que l’écriture est agréable et que les protagonistes sont tous touchants à leur manière. Je trouve qu’Alice Zeniter a su trouver les mots justes pour me parler de fatalité. Ces existences pourtant anodines, ont réussi à toucher ma sensibilité.

Mais je reste tout de même sur ma faim car pour être véritablement efficace, le sujet aurait peut-être nécessité un peu plus de développement, donc plus de pages.

Le livre de poche 254 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

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DOA – Pukhtu Primo

Posté par Killing79 le 24 mars 2015

Roman choral sur la guerre

Ma lecture en cours

Afghanistan 2008: La guerre fait rage. Entre l’armée américaine, les armées privées, le peuple pachtoune et ses dissidents, chaque camp a ses objectifs et ses obsessions.

Mon avis:

DOA nous offre avec « Pukhtu » un OLNI (Objet littéraire non identifié). Passant d’un personnage à un autre, d’un camp à un autre, il se propose de nous faire vivre la guerre en Afghanistan de l’intérieur dans un très gros livre. On découvre alors des scènes toutes plus spectaculaires les unes que les autres, portées par un réalisme à couper le souffle. Mais l’auteur ne nous propose pas d’être seulement spectateur de ces scènes mais nous immerge dans l’intime des acteurs de cette tragédie moderne. J’ai partagé le quotidien de chacun des intervenants comme si c’était un ami ou de la famille. Et là, rien n’est romanesque, pas de héros…juste l’effroyable réalité.

Le cercle vicieux du donnant-donnant entraîne ces hommes et ces femmes vers une querelle sans retour. L’injustice humaine qui sévit alternativement, déclenche toujours plus de haines et toujours plus de drames. Toutes ces vengeances en chaîne nous poussent vers une surenchère d’inhumanité et on assiste à des scènes d’une violence abominable. Des événements qui pourraient m’apparaitre avec une brutalité froide, m’ont frappé au plus profond des entrailles.

Pour être au plus près du terrain, ce roman est foisonnant d’informations. La multitude de personnages et de termes techniques m’a semblé parfois un peu indigeste surtout sur un ouvrage de cette épaisseur. Mais l’objectif de m’ouvrir les yeux est parfaitement atteint. Jusque-là, je regardais tous ces conflits comme un bon film dans mon canapé. DOA a apporté la barbarie à la porte de chez moi. Grâce à un travail sûrement titanesque et sans jamais prendre parti, il a su me dévoiler les dessous de la violence et je ne suis pas ressorti indemne de cette aventure. Je suis assez fier et heureux d’avoir persisté dans la lecture de ce pavé difficilement accessible et lirai sans aucun doute la suite.

Rencontré aux détours d’une dédicace aux « Quais des polars » de Lyon, j’ai félicité DOA pour son travail de recherche. Avec un sourire en coin, il m’a répondu qu’il avait tout simplement beaucoup d’imagination… Si seulement !

Gallimard Série Noire 658 pages

17/20

Ce livre fait partie de la sélection des Explorateurs du Polar organisé par lecteurs.com

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Diego Trelles Paz – Bioy

Posté par Killing79 le 15 mars 2015

Violence péruvienne

Bioy

Lima au Pérou, années 80: L’Etat et la guérilla du Sentier Lumineux se livrent une guerre sans merci. Vingt ans plus tard, un des acteurs de ce conflit est devenu le leader d’un gang spécialisé dans la drogue et le crime organisé.

Mon avis:

« Bioy » est un roman puzzle. Diego Trelles Paz nous balade d’une époque à l’autre, de personnage en personnage grâce à des angles de vue variés. La ville de Lima au Pérou est le seul point commun à tous les chapitres du livre. On découvre les dessous de cette ville entre les années 80 et les années 2000. Successivement l’auteur utilise une narration à la première personne, une narration à la troisième personne, une narration cinématographique, une narration épistolaire et une narration sous forme de blog. Tous ces modes narratifs, qui semblent indépendants au premier abord, ne sont en fait que les différentes pièces du casse-tête. Parfois déstabilisantes, elles prennent tout leur sens au fil des pages. Ainsi imbriquées, elles relatent avec justesse l’histoire de ce pays. La puissance des cartels de nos jours et la guerre entre l’Etat et les communistes vingt ans auparavant deviennent alors une réalité tragique. On plonge dans les bas-fonds de la violence à outrance. L’auteur nous dévoile les conséquences de la folie et des plus bas instincts.

Pour moi, le scénario du roman n’a finalement pas vraiment d’intérêt et m’a paru plutôt comme un alibi pour pouvoir entrer dans le système vérolé et banalisé afin de l’exposer aux yeux des privilégiés. Diego Trelles Paz a une plume exigeante qui m’a beaucoup plu. Mise au service de la rédaction déstructurée, j’ai ressenti avec authenticité toute l’animosité et le point critique atteint par la violence dans cette partie du monde. Certaines scènes sont d’ailleurs malsaines à la limite du supportable et ne sont donc pas à mettre entre les mains des plus sensibles.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Mr Trellez Paz aux « Quais du Polar » à Lyon. Il est extrêmement sympathique et particulièrement avenant, tout l’inverse de ce qu’il m’a raconté de sa ville d’origine. Belle découverte qui en appellera d’autres.

Buchet Chastel 342 pages

16/20

Ce livre fait partie de la sélection des explorateurs du Polar organisé par lecteurs.com

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Jake Hinkson – L’enfer de Church Street

Posté par Killing79 le 10 mars 2015

Religieusement noir

Ma lecture en cours

Sur un parking, Geoffrey Webb se fait braquer par un inconnu. Il propose à son agresseur trois mille dollars contre quelques heures de route en sa compagnie. Il va en profiter pour se confesser.

Mon avis:

Malgré son passé a priori extrêmement religieux, l’auteur prend un malin plaisir à caricaturer les adeptes de ces croyances. Geoffrey Webb, son personnage principal profite de la générosité et de la crédulité de tout le quartier pour s’élever au rang de personne respectable et respectée. Jusqu’au jour où un grave accident va tout remettre en cause et dévoiler une face bien plus sombre de sa personnalité.

Deux éléments de ce roman m’ont particulièrement intéressé. Tout d’abord, la narration à la première personne nous permet de découvrir ce que pense Geoffrey Webb. On découvre alors qu’il n’a rien d’un héros. Sous ses airs d’innocent, il nous apparaît comme un être qui ne pense qu’à ses intérêts personnels même si ceux-là vont à l’encontre d’autrui. Il sait être exquis lorsque la situation le demande, être hypocrite la plupart du temps et peut ainsi se fondre facilement dans la communauté. J’ai trouvé cette dualité jubilatoire parce qu’elle fait exploser tous les codes de ce milieu religieux, gangrené par la sournoiserie. Il est conscient et il assume sa malhonnêteté, ce qui le rend presque plus humain que les autres.

Ma seconde satisfaction vient de l’action sans interruption. Le rythme du livre est rapide et les événements s’enchaînent comme des dominos. Un drame en entraîne un autre et je me suis régalé dans cette chute libre aux enfers.

Bon premier roman sans aucun temps mort, qui m’a réjoui par son rythme et par son immoralité. J’y ai retrouvé une grande dose de perversion qui m’a apporté un bon bol d’air noir en ces temps de politiquement correct.

Neonoir Gallmeister 236 pages

16/20

Ce roman fait partie de la sélection Explorateurs du polar du site lecteurs.com

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