Titiou Lecoq – Chroniques de la débrouille

Posté par Killing79 le 4 mai 2015

Chroniques légères

Chroniques de la débrouille

Résumé: Comment survivre à une rupture amoureuse, à un déménagement, à des rencontres, à des voisins, à des accidents, à des soirées, à un chef, à des collègues…à un enfant!

Mon avis: En réunissant ses propres expériences et celles des contributeurs de son blog, Titiou Lecoq nous offre les tranches de vie d’une génération. Elle veut nous donner ses impressions et les tendances du monde d’aujourd’hui. Pour ce faire, elle campe une trentenaire confrontée à tous les aléas du quotidien et qui collectionne les galères sentimentales, professionnelles et domestiques.

J’ai quasiment le même âge qu’elle, donc je suis par définition la cible idéale. Je me suis reconnu dans ses questionnements et dans ses préoccupations, moins dans ses aventures. Ma vie n’a aucune similitude avec la sienne. Mais ça n’a pas d’importance car ce livre possède un gros atout : Il m’a fait beaucoup rire. Il n’est qu’une succession de situations rocambolesques et de réflexions drolatiques. Dans chaque scène se cache un effet comique. Sans véritable fil conducteur, il perd un peu de crédibilité au fil des pages tant on ne peut croire que toutes ses situations arrivent à une seule personne, mais c’est tout de même très agréable à lire parce qu’on se marre.

Titiou Lecoq écrit simplement. Elle jouit d’une liberté dans son style et dans son ton qui rend la lecture facile d’accès. Malheureusement, en essayant de paraître naturelle dans ses propos, elle dépasse parfois certaines limites et tombe dans la vulgarité. Certains mots ou expressions m’ont même choqué, surtout venant de la plume d’une femme. Je ne suis du genre à être outré facilement, mais ça n’apporte rien à l’histoire, c’est juste obscène et pour le coup pas drôle du tout.
Outre ces petits écarts de langage (je parle comme un ancien !), j’ai pris beaucoup de plaisir dans ce recueil de chroniques, avec quelques fous rires à la clé.
C’est léger, sans prétentions et ça a assez bien fonctionné sur moi.

Le livre de poche 278 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

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Philippe Delerm – Elle marchait sur un fil

Posté par Killing79 le 30 avril 2015

Dans l’intime

Elle marchait sur un fil

Résumé: Par le jeu de la vie, Marie a cinquante ans et se retrouve seule. Elle trouve un échappatoire le jour où elle rencontre un groupe de comédiens avec qui elle va monter le spectacle de ses rêves.

Mon avis: Je n’avais jamais eu l’occasion de lire un livre de Philippe Delerm. Je ne connaissais donc pas son style. J’avais simplement entendu parler de ses nouvelles qui racontaient de courts instants de la vie quotidienne, et qu’il magnifiait avec talent, selon les critiques. A la fermeture de ce roman, je comprends ce que les gens aiment chez cet auteur. Il est juste. Il arrive à incarner une situation de manière à nous la faire vivre presque physiquement. Il décrit un moment, une pensée, une sensation en plusieurs pages là où d’autres n’auraient utilisé qu’une ligne. Il crée ainsi une empathie particulièrement forte.

Seulement, les qualités qui font de lui un artiste de la nouvelle, deviennent moins convaincantes lorsqu’il s’attaque au format roman. Plusieurs scènes, même de qualité, mises bout à bout, ne font pas forcément un grand roman. J’ai bien ressenti les émotions du personnage, je suis rentré dans son intimité mais son histoire ne m’a pas passionnée. Je n’ai pas adhérer au scénario, empli de clichés et de raccourcis, et dépourvu de romanesque. Racontant les petites contrariétés de comédiens, je l’ai trouvé un peu trop excluant et malgré sa petite taille, je me suis ennuyé vers la fin.

Je garderai le souvenir d’un grand décrypteur de l’instant et je retenterai ma chance avec Philippe Delerm dans ses petites histoires, qui semblent lui correspondre un peu mieux.

Points 201 pages

13/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

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Hugo Horiot – L’empereur c’est moi

Posté par Killing79 le 26 avril 2015

Se souvenir pour oublier

L'empereur c'est moi

Résumé: Creusant dans sa mémoire, Hugo Horiot nous raconte son autobiographie d’enfant atteint du syndrome d’Asperger.

Mon avis: Sur un ton faussement enfantin et avec une écriture ciselée faite de phrases courtes, il nous fait entrer dans sa tête. On revit avec lui ses années de jeunesse, de la maternelle jusqu’au lycée. On entre dans son monde empli de silence, de réflexion et d’exclusion. On vit ses sensations et ses sentiments à travers des scènes brèves, choisies chronologiquement. Il peut alors nous montrer l’évolution de son comportement au fil du temps.

Il nous parle de son handicap sans jamais le nommer. On ne sait donc pas si ses réactions d’introversion découlent exclusivement de son autisme ou si son caractère propre joue aussi un rôle. Il nous laisse juste spectateur des caprices de son cerveau.

Ce que j’ai apprécié dans ce court roman, c’est que l’auteur ne semble pas vouloir se lamenter. Il nous présente les faits comme il les a ressentis. Grâce à ce texte parfois tendre parfois brutal mais toujours humain, il semble plutôt se délester d’un poids. Il veut passer définitivement du Julien emprisonné à Hugo le libéré et ainsi enterrer ce passé si pesant.

La petite taille du livre et l’écriture incisive de Hugo Horiot font de « L’empereur c’est moi » un condensé d’émotions. J’ai aussi beaucoup aimé la postface poignante de sa mère. Elle apporte une vision différente et clôture avec tendresse ces durs moments de vie.

Le livre de poche 168 pages

16/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

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Romain Puertolas – L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

Posté par Killing79 le 24 avril 2015

Insipide

L'extraordinaire voyage du fakir

Ce petit livre nous narre les tribulations d’un fakir aux quatre coins du monde.

Mon avis:

Loufoque vous avez dit loufoque ? Voilà en un seul mot le résumé de ce court roman. L’idée de départ, les personnages, le fil de l’histoire, tout est conditionné dans le sens de l’absurde. Mais ce qui fait son originalité au début, devient très vite lassant et ne tient pas sur la longueur, pourtant réduite du livre.
Avec une écriture très simple, des acteurs peu sympathiques, Romain Pertuolas nous entraîne dans son délire qui n’a ni queue ni tête, et auquel je n’ai pas du tout adhéré. Je suis resté en dehors du coup dès les premières pages.

L’auteur ne semble avoir utilisé aucun plan pour construire le scénario de son aventure. Il donne l’impression d’inventer les nouveaux événements au fil de ses lignes. Et pour que son récit ait une quelconque logique, il utilise à outrance des raccourcis faciles et des péripéties invraisemblables, qui font de son « Fakir » un capharnaüm d’idées saugrenues qui m’a profondément ennuyé.

Pour moi, le véritable point noir de ce livre est qu’il n’a aucun intérêt, à part peut-être de faire sourire (à de très rares instants). A la fermeture de ce livre, je reste sur l’impression d’un travail bâclé. Malgré les promesses de certaines critiques, j’ai passé un moment insipide. Il est des livres qui magnifient le temps, d’autres qui font passer le temps, celui-ci m’a plutôt fait perdre mon temps…

Le livre de poche 307 pages

7/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

(Devinez si j’ai voté pour lui…)

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Bergsveinn Birgisson – La lettre à Helga

Posté par Killing79 le 20 avril 2015

Testament d’amour

La lettre a Helga

Bjarni Gislason arrive dans ses vieux jours. De retour dans la maison où il a vécu, il écrit alors une lettre à Helga, la seule femme qu’il a aimé.

Mon avis:

Ce petit roman n’est pas en réalité une lettre d’amour mais plutôt un testament d’amour. Le narrateur veut laisser son témoignage à la postérité, même si tout est terminé. Il retrace avec émotions tous les évènements qui lui ont permis de rencontrer, d’aimer puis de quitter sa bien-aimée.

Ce texte est aussi un prétexte pour nous narrer la campagne islandaise. On y découvre les paysages atypiques de la région et les comportements caractéristiques de ces milieux retirés. Une fois le décor et le contexte posés, on comprend alors les raisons profondes qui ont poussé Bjarni à agir comme il l’a fait. Sa lettre ressemble finalement plus un mot d’excuse qu’à un véritable regret tant les circonstances ne semblaient propices à une concrétisation de cette relation.

La plume de Bergsveinn Birgisson est très belle. Elle est à la fois précise et délicate. Elle fait ressortir toute la passion d’hier et toute la nostalgie d’aujourd’hui. J’ai passé un moment chargé d’émotion et de tendresse. Courte mais efficace, voilà comment je définirais cette belle déclaration d’amour en forme d’épitaphe.

Points 125 pages

16/20

Ce roman fait partie de la sélection du meilleur roman 2015 des éditions Points

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Isabelle Stibbe – Bérénice 34-44

Posté par Killing79 le 17 avril 2015

Théâtre et guerre

Berenice

1934. Contre l’avis de ses parents, Bérénice, entre au Conservatoire puis à la Comédie Française. Elle va y jouer de grands rôles et y faire de belles rencontres. Mais la guerre arrive…

Mon avis:

Bérénice est une jeune fille dont la vie est guidée par l’amour de l’art. Poussée par son adulation et sa force de caractère, elle va prendre des décisions décisives pour réaliser ses rêves. Mettant de côté à plusieurs reprises sa vie personnelle, elle va tout mettre en œuvre pour être sur les planches. Chaque sacrifice lui permet de se rapprocher un peu plus de ses objectifs.

Mais tout ça est sans compter avec la guerre 39.45 et les ravages qui vont déferler sur la communauté juive. Les origines de Bérénice vont devenir dès lors son plus gros fardeau.
Isabelle Stibbe nous plonge dans l’atmosphère assez anxiogène de cette période de l’Histoire. La tension mise sur les personnages s’intensifie à l’approche et au début du conflit mondial. Malgré son obstination, Bérénice ne peut que subir son destin, écrit par d’autres. Vivre de sa passion devient alors une impasse. Chaque juif n’est plus le maître de sa destinée.

Le contexte guerrier de ce roman est bien retranscrit, même si je n’ai rien appris de nouveau. Ce que je garderai en mémoire, ce sont les coulisses de la Comédie Française, dont les rouages m’étaient parfaitement étrangers. Je n’ai pas été envoûté par le récit, mais j’ai passé un moment agréable en compagnie du théâtre et de la guerre, qui ne font définitivement pas bon ménage.

Le livre de poche 353 pages

15/20

Ce roman fait partie du prix des lecteurs Livre de poche 2015

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